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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | Ce que "amour de la sagesse" veut dire |  | La philosophie qui est un savoir,
n'est pas un savoir comme un autre:
c'est un savoir qui nous ouvre
sur une certaine manière
d'aimer le savoir et de le vivre.
|  | Savoir et être maître de sol
Sans être une science, une religion ou la vie, la philosophie est indispensable à celles-ci.
Cette relation paradoxale témoigne de son originalité que résume bien la signification étymologique du mot
« philosophie » : amour de la sagesse.
Être sage, c'est savoir lutter contre l'ignorance.
Être sage, c'est aussi maîtriser ses passions :
ne pas se laisser aller à l'égoïsme tyrannique qui ramène tout à lui en se mettant en colère face aux obstacles de l'existence.
quand un homme vient ainsi à savoir et à se maîtriser, il fait émerger l'homme profond qu'il y a en lui, c'est-à-dire l'homme délivré de l'ignorance et de la violence.
Toutefois, la sagesse ne s'arrête pas là. Car le terme amour que l'on trouve dans la philosophie montre que le savoir, comme la maîtrise dont elle fait preuve, sont d'un type particulier : ils se caractérisent par l'absence de prétention dans le savoir.
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« La Béatitude
n'est pas le prix
de la vertu,
mais la vertu
elle-même;
et cet
épanouissement
n'est pas obtenu
par la réduction
de nos
appétits sensuels,
mais c'est
au contraire cet épanouissement
qui rend possible
la réduction
de nos
appétits sensuels. »
Spinoza,
Éthique,
prop. 42, part. 5.
| Aimer la sagesse
c'est vivre
avec la pensée,
en considérant
que la vie est
pleine de pensée. |
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|  | La sagesse de l'amour S'agissant du savoir, il importe d'être vigilant.
Car si vouloir savoir est une vertu par rapport à la paresse,
dire « je sais » est un acte de prétention bloquant le progrès du savoir.
Conscient de ce phénomène, Socrate (470-399 av. J.-C..) a rappelé que le sage est celui qui vit en pensant qu'il a tout à apprendre : « La seule chose que je sache, c'est que je ne sais rien », dira-t-il.
Après lui, des penseurs de la Renaissance comme Nicolas de Cues (1401-1464) se sont faits les défenseurs d'une « docte ignorance ».
Aujourd'hui, lorsqu'ils parlent de leurs travaux, les savants avouent volontiers que plus ils avancent moins ils savent, tant il y a à découvrir.
S'agissant de la maîtrise de soi, il importe là encore d'être vigilant. Car si celle-ci est une vertu face au relâchement, l'absence totale de passion, c'est-à-dire l'indifférence, relève de la violence. Platon (428-348 av. J.-C.), dans La République, a pris soin de rappeler que maîtrise de soi signifie harmonie avec soi et non dictature sur soi.
quant à Spinoza(1 632-1677), il a consacré toute son Ethique à montrer que l'on n'est pas vertueux quand on a tué en soi toute passion.
En revanche, à chaque fois que l'on est heureux, on parvient à la maîtrise des passions. Car le frustré nourrit toujours de mauvaises pensées, alors que l'homme joyeux, étant comblé, n'en a aucune.
|  | Vivre avec la pensée
Ni pure sagesse parce qu'elle est amour, ni pur amour parce qu'elle est sagesse, la philosophie est une manière de se tenir dans la sagesse en aimant. Pourquoi en est-il ainsi ?
Parce que, comme le rappelle Schopenhauer (1788-1860), la vie voulant la vie, celle-ci ne cesse d'être un désir se réfléchissant lui-même.
Aussi ne peut-on la rencontrer qu'en étant, à son image, un désir se réfléchissant de plus en plus, sans prétention ni fermeture. De ce fait, philosopher, ce n'est rien d'autre en définitive que vivre au sens plein du terme et, en vivant, découvrir que la vie est pleine de philosophie.
C'est ce qu'a voulu dire Platon, au IVe siècle avant J.-C., aux débuts de la philosophie, quand il a montré que les idées modèlent la réalité.
Au XIXe siècle, c'est ce que Hegel (1770-1831) a repris, en posant que ce sont les idées qui mènent le monde.
Tous deux se sont accordés sur le fait que la philosophie consiste à vivre avec la pensée, tout en rappelant l'importance de celle-ci car le réel est plein de pensée.
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