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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | Aristote et l'universel |  | Comme l'a dit Aristote,
la pensée nous enseigne le sens du concept
par lequel on saisit l'universel derrière le particulier.
|  | « Il n'y a de science que du général »
Si les généralités peuvent être trompeuses (voir Platon et le langage), elles sont cependant nécessaires pour penser.
Car tout ramener au détail, c'est avoir une vision myope des choses : on est alors incapable de saisir le profond derrière le superficiel, le permanent derrière le passager et l'universel derrière le particulier.
dans le mythe de la caverne, Platon (428-348 av. J.-C.) immortalise cette distinction: il sépare le monde de la caverne, où les hommes sont enchaînés à une vision particulière, du monde des idées où les hommes voient les modèles et les structures qui construisent le réel.
depuis, la philosophie a favorisé le sens du concept, à savoir l'idée permettant de concevoir le réel en saisissant le général derrière le particulier.
Toutefois, comme cette notion n'est pas statique, celle-ci a pris deux formes. En premier lieu, avoir le sens du concept renvoie au fait de savoir classer et ordonner le réel.
Aristote (384-322 av. J.-C.) a formulé l'exigence scientifique en proclamant « il n'y a de science que du général », le réel étant ordonné selon ces grandes structures que sont les catégories du temps, du lieu, du nombre, de la qualité, de la modalité, du genre...
Ainsi, pour Aristote, concevoir le réel, c'est être capable de le ranger en répondant aux questions : quand ? où ? comment ?
Nous faisons preuve d'un sens du concept, à chaque fois que nous ordonnons la réalité conformément aux structures qui sont les siennes.
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« La science et son sujet
diffèrent de l'opinion
et de son objet,
en ce que la science
est universelle
et procède par
des propositions nécessaires. »
Aristote, Premières analytiques.
| Le concept sert
à ordonner
la diversité du réel,
mais aussi à saisir
un monde qui change. |
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|  | Concept et imagination En second lieu, avoir le sens du concept renvoie au fait d'imaginer.
Car si le monde d' Aristote est un monde ordonné, la science moderne fait apparaître qu'il y a des mondes cachés dans le monde. D'où la nécessité, comme rétablit Kant (1724-1804), de trouver un sens au classement du monde : celui qui consiste non plus à ranger le monde conformément à ses structures (lois de la nature), mais aux catégories de l'entendement* (qualité, quantité, relation, modalité).
Ce passage de la réalité au sujet (c'est-à-dire à l'homme considéré en termes logiques par opposition à l'objet), afin d'ordonner le monde est capital, car il fait intervenir l'imagination.
Pour ranger le particulier sous le général, il faut désormais inventer dans le but de trouver la façon d'appliquer le général au particulier et vice versa.
|  | Concept et réalité
Toutefois, selon Hegel (1770-1831), le concept n'est pas simplement subjectif.
La réalité est invention, et c'est quand on invente comme elle, qu'étant en apparence le plus subjectif, on est en fait objectif,
Pour preuve, notre émotion devant tout concept. Ne nous réjouissons-nous pas lorsque quelqu'un sait trouver le mot juste pour « mettre dans le mille » et qualifier une situation ?
À l'évidence, loin de capturer le réel, le concept est au contraire le moyen de le délivrer en ayant une rencontre « saisissante » avec lui. C'est la raison pour laquelle Hegel en a fait le pilier de sa philosophie en avançant que tout ce qui est réel est rationnel et que tout ce qui est rationnel est réel.
Il a voulu dire par là que dans un monde où ce qui arrive est porteur de sens, une idée n'est pas qu'une opinion subjective, puisque c'est pour elle que homme et monde viennent à se rencontrer.
Aujourd'hui, tous ceux qui cherchent à « saisir » le monde sont en quête de concepts. |  |
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