| |
La question de l'existence | |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
La philosophie aujourd'hui | |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 | De Dieu à l' Homme |  | Descartes, en plaçant l'être dans le sujet,
est le héros de la pensée moderne.
Il fait du sujet le fondement de la réalité.
|  | La question de l'humanisme
En identifiant Dieu à l'être, le Moyen Âge a préparé la Renaissance et l'humanisme.
L'humanisme commence à partir du moment où l'on parle de l'homme intérieur. C'est en effet en cherchant à accéder à cet invisible qu'est Dieu par l'invisible qui est en l'homme, dans son coeur et sa vie intérieure, que l'homme s'est découvert dans sa profondeur.
Témoin, Saint Augustin (354-430) qui, dans les Confessions, fait la description de «l'homme intérieur ».
Aujourd'hui, depuis que Michel Foucault a annoncé la mort de l'homme dans les Mots et les Choses(1966), l'humanisme est en question.
On lui reproche d'avoir fait de l'homme «un empire dans un empire », comme l'écrit Spinoza (1632-1677), l'homme s'imaginant pouvoir devenir maître et possesseur de toute chose par sa conscience et sa volonté.
Tout l'humanisme peut-il se résumer à cet égocentrisme ?
Nullement, répond Descartes (1596-1650).
Car l'humanisme est porteur de deux leçons essentielles : une leçon de doute et une autre de fermeté.
|
" Il y a quelque temps
que je me suis aperçu que,
dès mes premières années,
j'avais reçu quantité
de fausses opinions
pour véritables,
et que ce que j'ai
depuis fondé sur des principes
si mal assurés,
ne pouvait être
que fort douteux
et incertain
de façon qu'il me fallait
entreprendre une fois
en ma vie de me défaire
de toutes les opinions
que j'avais jusque alors
reçues en ma créance...
si je voulais établir
quelque chose de ferme
et de constant
dans les sciences. »
Descartes,
Méditations métaphysiques.
| Chaque homme
est porteur d'être
car on ne peut
pas être adulte
ni penser à sa place. |
|
|  | Une leçon de doute La leçon de doute est avant tout une leçon de responsabilité.
On peut faire beaucoup de choses pour les hommes, dit Alain (1868-1951), sauf une : penser pour eux.
Car la pensée ne se délègue pas. Pour penser, il importe de penser et de ne pas simplement répéter un énoncé, même s'il est vrai. Car pratiquer une telle répétition, c'est être passif en laissant le discours tenu pour vrai penser pour soi.
Aussi importe-t-il de ne jamais rien accepter sans en avoir testé l'évidence, par une méditation.
C'est la raison pour laquelle Descartes se demande si ce qu'il voit est vrai, si l'existence qu'il sent vivre en lui n'est pas un rêve et si, quand bien même tout ce qu'il voit et vit serait vrai, il n'y aurait pas, par hasard, un rusé trompeur s' évertuant à lui faire croire que tout cela est vrai alors que tout est faux !
|  | Une leçon de fermeté
La seconde leçon cartésienne est une leçon de fermeté.
Si tout accepter sans douter est une faiblesse, douter de tout en est une autre. Comme le montre le baroque* qui n'a cessé de douter de tout afin de faire basculer le réel dans l'irréel pour pouvoir ensuite jouer avec lui, il s'agit là d'une attitude d'esthète.
Aussi Descartes ne se laisse-t-il pas aller à cette facilité en faisant remarquer deux choses: d'abord, qu'on ne peut douter de tout, car pour douter il faut penser; ensuite, que l'idée d'un rusé trompeur se jouant de tout prouve la réalité de la conscience, tant il est vrai qu'on ne peut tromper qu'une conscience.
Une pierre qui n' a aucune conscience ne peut pas se tromper.
Autrement dit, prenant les sceptiques sur leur propre terrain, Descartes établit que le scepticisme* démontre la réalité et l'irréductibilité de la conscience. C'est en ce sens qu'il faut comprendre sa fameuse formule : « Je pense donc je suis. » Quand on da pas de repères dans un monde qui nous échappe de toute part, il nous reste encore nous-mêmes et notre capacité de penser.
Et cela est suffisant pour soulever l'univers !
Aujourd'hui comme hier où la tentation demeure de renoncer à dire « je » ou de se jouer de tout en étant actif (pour échapper à soi), Descartes nous rappelle, ainsi que La Boétie (1530-1563), que c'est en devenant apte à soi-même que l'on délivre toutes les aptitudes qui sont en nous.
|  |
|