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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | De l'être à la nature |  | Ramener la réalité à la nature demeure
l'un des plus vieux réflexes de l'humanité.
|  | Un concept qui ne va pas de soi
On peut considérer que la métaphysique*, qui s'est efforcée de remonter jusq'au fondement de la réalité, ne vaut pas la peine qu'on y consacre du temps, puisque, apparemment,
les philosophes dont cessé de se contredire à son sujet.
On peut également considérer, comme les philosophes contemporains JacquesDerrida (né en 1930) et PaulRicoeur (né en 1913), que cette diversité de points de vue sur la métaphysique n'est pas le signe d'une pauvreté mais d'une richesse; elle nous offre un éventail passionnant de pistes, afin d'aller à la rencontre d'une réalité inépuisable.
d'où l'intérêt de se tourner vers tous les concepts créés par la métaphysique, à commencer par celui de nature*. Une telle notion ne va pas de soi. D'abord, la nature n'est pas qu'une réalité idyllique. Elle est aussi un chaos plein de sauvagerie et, à ce titre, synonyme de non-être. Aussi est-il vrai de dire que la réalité humaine se situe davantage dans la culture que dans la nature.
Ensuite, le mot « nature » est ambigu.
Car, bien souvent, loin de renvoyer à une réalité, il désigne les normes d'un conformisme social ou individuel.
Enfin , l'éthique de la nature prêchée par les adeptes du fameux « retour à la nature » laisse perplexe. Outre qu'elle véhicule le mythe d'un âge d'or (avant la civilisation) dont elle serait le modèle, elle a toujours été le masque d'une haine de la civilisation aux conséquences parfois dévastatrices, à l'image du nazisme qui vouait un culte à la nature.
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« On peut impunément
égorger son semblable
sous la fenêtre
d'un philosophe,
il n'a qu'à argumenter un peu pour empêcher
la Nature qui
se révolte en lui,
de l'identifier
avec celui que l'on
assassine...
L'homme
sauvage n'a pas
cet admirable talent.
dans les émeutes...
la populace s'assemble,
l'homme prudent
s'éloigne...
Ce sont les femmes
des Halles qui séparent
les combattants
et qui empêchent
les honnêtes gens
de s'entr'égorger. »
Rousseau,
discours sur l'origine
des inégalités.
| La nature nous donne
des leçons sur l'être
à travers
le Tout qu'elle forme
ainsi que les corps
sensibles
qu'elle comporte. |
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|  | Un concept nécessaire Peut-on néanmoins s'en tenir là ? Ce serait une erreur. Car la nature possède une autre face. En premier lieu, elle est le Tout physique et biologique qui enveloppe l'homme et qui lui sert de milieu.
À ce titre, elle a toujours été utilisée par les penseurs afin de ramener les hommes à la raison, lorsque ceux-ci étaient tentés de céder à un individualisme envahissant.
Ainsi, Zénon de Kition (v. 335-v. 264 av. J.-C.), le fondateur du stoïcisme, a enseigné comment « vivre selon la nature », de telle sorte que les hommes ne s'habituent pas à demander l'impossible en se révoltants contre ce qui ne se conforme pas à leurs fantasmes.
La modernité a vu un individualisme arrogant piller la nature et la saccager pour assouvir son désir de maîtrise et de profit.
La modernité manque d'hommes commeZénon, pour rappeler que le monde de l'homme, c'est l'homme mais aussi le monde qui lui sert de cadre.
|  | Un concept politique
La nature n'est pas que le milieu extérieur de l'homme.
Elle est aussi son milieu sous la forme de son corps et de sa sensibilité.
À ce titre, elle a été utilisée par la philosophie comme instance critique à l'égard du politique, et ce d'une double façon.
Premièrement, au XVIle siècle,Spinoza (1632-1677) consacre tout le Livre I de son Éthique à montrer que l'essence de Dieu réside dans l'existence. Il veut souligner, face à des morales tristes prêchant la haine de soi, la mort et la souffrance, que Dieu veut la nature et donc le corps et la vie.
deuxièmement, au XVIlle siècle, Rousseau (1712-1778)
forge le concept de nature, afin de se donner les moyens de penser l'origine de la violence dans la société.
Marx (1818-1883), dans lesManuscrits de 44, confirme que quand l'homme da plus de repères dans la société, il lui reste son corps sensible pour se rattacher à la vie et au sens.
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