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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | Kant et la critique |  | Kant (1724-1804) montre qu'être précis
en ayant le sens de l'universel,
c'est ce que l'on appelle critiquer.
|  | Philosophie et dogmatisme
Questionner, ne pas parler par généralités en ayant le sens de l'universel, c'est faire preuve d'une agilité d'esprit capable de juger les choses. C'est pourquoi la philosophie est enseignée comme discipline critique au lycée comme à l'université, tant on estime qu'une telle attitude d'esprit est indispensable à la formation du futur citoyen, en vertu des trois qualités de la critique qui sont de n'être ni dogmatique, ni sceptique, mais libre.
En premier lieu, être critique, c'est ne pas être dogmatique en sachant parfois être sceptique. Dans le domaine religieux, le dogme désigne la mise en forme de la foi.
Le fait d'être « dogmatique » traduit, lui, un travers qui consiste à affirmer un certain nombre de choses sans preuve, de façon unilatérale et péremptoire, en se fondant soit sur une conviction intime, soit sur une doctrine que l'on répète. Dans l'histoire, le dogmatisme a toujours été le fait de ceux qui croyaient détenir la vérité. En général, cette violence théorique est toujours le prélude à des violences pratiques. D'où l'importance de douter, afin de questionner des pensées qui ne se questionnent plus.Socrate (470-399 av. J.-C.), dans l'Antiquité, et Montaigne (1533-1592) pour le monde moderne ont été les grands maîtres du doute.
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" La variété des erreurs
et des croyances
suffit à nous rappeler
que l'erreur est notre
état naturel, l'erreur,
ou plutôt la confusion,
l'incohérence,
la mobilité des pensées.
d'où l'on ne sort que
par un décret qui
est d'abord refus,
doute, attente..
Le jugement
est cette décision
prompte qui n'attend
point que les preuves
le forcent,
tenant compte
de ce que
l'homme doit à l'homme."
Alain (1868-1951),
Éléments de philosophie
| Loin
du dogmatisme
et du scepticisme,
le jugement
critique
est une liberté en actes. |
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|  | Philosophie et scepticisme En second lieu, être critique, c'est né pas être totalement sceptique en sachant parfois être dogmatique.
Car si douter est nécessaire, il y a doute et doute. À douter de tout sans douter du doute, on finit vite par verser dans un dogmatisme destructeur. En revanche, à savoir arrêter son doute en reconnaissant qu'il y a des choses non seulement réelles mais également vraies, on évite la violence. Si les dogmatiques ont souvent déclenché les violences qui ont traversé l'histoire, les sceptiques aussi. Ne croyant en rien, ceux-ci ont toujours fini par être cyniques et opportunistes. D'où l'importance d'un minimum d'adhésion à des thèses ou à des valeurs fondamentales.
dans l'Antiquité, Platon (428-348 av. J.-C.) a défendu la théorie des idées, afin d'opposer la réalité des « formes » qui modèlent le monde à une théorie du chaos de la nature permettant de faire tout et n'importe quoi.
|  | Critique et liberté
Ni dogmatique ni sceptique, tout en étant sceptique à l'égard du dogmatisme et inversement, le fait d'être critique consiste finalement à être libre dans l'existence et à délivrer la liberté contenue en elle. Parvenir à ce stade, c'est avoir accompli une « révolution » personnelle en étant revenu à soi, comme les planètes revientient à leur point de départ. La réflexion qui est retour sur soi, est comme la révolution d'une planète. Kant, à travers ses trois critiques (Critique de la raison pure - 1781, Critique de la raison pratique - 1788, et Critique de la faculté de juger - 1790) a axé toute sa philosophie sur la critique. Face au dogmatisme qui défend, de façon abrupte, les idées du vrai, du bien et du beau, et face au scepticisme, qui relativise tout
afin d'échapper au dogmatisme, il s'est efforcé de montrer que l'homme ne peut pas contenir l'absolu parce qu'il n'est pas Dieu mais homme. Néanmoins, il peut construire le monde de l'homme en symbolisant un certain nombre de choses par la science, l'action morale ou encore le beau et le sublime.
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