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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | Penser après le goulag |  | Les erreurs du marxisme ne doivent pas condamner la philosophie.
L'histoire de celui-ci rappelle la nécessité d'avoir une philosophie,
le marxisme dogmatique ayant étouffé la pensée originale de Marx.
|  | Quand le philosophe devient conseiller du prince
Peut-on encore penser après le goulag ?
Né de la philosophie, le marxisme se réclame des matérialistes de l'Antiquité, de ceux du XVIlle siècle et de Hegel (1770-1831) ; il a mis la philosophie au pouvoir dans l'ex-URSS, ainsi qu'en Chine, sous la forme du marxisme lui-même, promu au rang de philosophie officielle, enseignée de façon obligatoire, avec les résultats que l'on sait: triomphe de la pensée unique, chasse aux opposants, aux croyants et à tous les « déviants idéologiques », internements psychiatriques, rééducation, lavages de cerveaux, tortures et, au bout du compte, assassinats.
Pourquoi la philosophie a-t-elle pu cautionner
ainsi la violence ? N'est-ce pas le signe qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas au royaume de la pensée ?
N'est-ce pas parce qu'il est dangereux de se faire le conseiller du prince quand on est philosophe comme Platon (428-348 av.J.-C.) ou Machiavel (1469-1527) ?
N'est-ce pas aussi parce qu'il est grave de vouloir bâtir un nouvel homme par l'éducation comme l'ont fait les humanistes de la Renaissance ?
N'est-ce pas enfin qu'il est un peu fou de vouloir faire repartir l'histoire à zéro comme l'a voulu la révolution française de 1789 ?
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« La tyrannie
consiste au désir
de domination
universelle et hors
de son ordre.
diverses chambres de forts
de beaux, de bons esprits,
de pieux dont
chacun règne chez soi,
non ailleurs.
Et quelquefois ils se rencontrent
et le fort et le beau
se battent sottement
à qui sera le maître l'un de l'autre, car leur maîtrise
est de divers genres.
Ils ne s'entendent pas.
Et leur faute est de vouloir régner partout.
Rien ne le peut, non, pas même la force :
elle ne fait rien
au royaume des savants,
elle n'est maîtresse
que des actions
extérieures.
Pascal,
Pensées.
| Idolâtrer
l'individu n'est
pas une solution
face à l'histoire
totalitaire.
C'est des idoles
en général dont
il faudrait
se délivrer. |
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|  | L'erreur du marxisme Toutes ces questions développées par ceux que l'on appelle aujourd'hui les « nouveaux philosophes » mais aussi, avant eux, par des penseurs comme Raymond Aron (1905-1983) montrent une chose: à l'évidence, il a manqué au marxisme une philosophie. En recommandant de faire de l'économie la base de la société et de la philosophie son sommet, Platon pensait que l'argent et le pouvoir devaient servir la pensée et non l'inverse. D'où son idée d'un philosophe-roi, si mal comprise, signifiant que l'on met le pouvoir au service de la philosophie et non le contraire. En voulant se délivrer de l'idéalisme*, le marxisme a pris le contre-pied de cette attitude. Sous prétexte de revenir au concret et de changer l'économie afin de libérer l'homme, il a fait de la politique une philosophie obligeant la philosophie à servir
le politique. Résultat: dans le même temps où la politique est devenue un lieu idéologique s'occupant de vouloir modifier les consciences, la philosophie est devenue un lieu politique, préoccupée par des questions de pouvoir et de lutte pour celui-ci.Pascal (1623-1662) recommandait que l'on ne confonde pas religion et politique pour éviter que, les divergences politiques devenant des affaires religieuses et les divergences religieuses des affaires d'États on ne débouche sur la tyrannie. Il semble que le marxisme ait fait cette erreur.
|  | La leçon du totalitarisme
La crise du marxisme pose un problème important. On pense souvent que l'erreur du marxisme a été de nier l'individu.
Aussi glorifie-t-on ce dernier pour s'en affranchir. En fait, le problème est autre. Quand l'homme se prend pour Dieu et qu'il fait de sa philosophie une religion, il tombe dans une idolâtrie qui le rend fou. D'où la nécessité de garder ses distances et de ne pas confondre politique et philosophie ou philosophie et religion (voirVivre avec foi). En pratiquant le culte de l'individu, on fait aujourd'hui une erreur. Au lieu de sortir de l'idolâtrie, on remplace une idole par une autre.
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