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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | Le philosophe et la vie |  | La philosophie est nécessaire à une vie pleine.
Elle permet de conduire la vie
a sa plus haute réalisation
et de lui donner toute sa teneur.
|  | Il faut vivre avant de philosopher !
Il est évident que les moment de la vie où l'on se sent
exister parce que l'on communie intensément avec le
cosmos, avec autrui ou avec soi-même, possèdent un
pouvoir de révélation proprement lumineux, proche de
l'extase.
Aussi a-t-on raison de vivre pour de tels moments en soulignant qu'une philosophie qui ne sait pas les vivre est une bien piètre philosophie.
Car philosopher n'a de sens que pour vivre et non l'inverse, ainsi que le proclamaient les anciens qui avaient coutume de dire: " D'abord vivre, ensuite philosopher ! "
Toutefois, si philosopher sans vivre condamne la philosophie ,
vivre sans philosopher condamne la vie.
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« Après les hommes
d'État, j'allai trouver
les poètes ...
Je pris avec moi
ceux de leurs
ouvrages
qu'ils me paraissaient
avoir le mieux travaillés
et je leur demandai
ceux qu'ils
voulaient dire...
Or Athéniens,
j'ai honte
de vous dire la vérité...
Tous ceux qui
étaient là auraient
mieux parlé
de leurs poèmes
qu'eux-mêmes
qui les avaient faits.
Je reconnus
donc bien vite
que les poètes
ne sont pas guidés
dans leurs créations
par la science...
Et je m'aperçus,
en même temps,
qu'à cause de
leur talent poétique,
ils se croyaient
surtout les plus sages
des hommes,
ce qui n'est pas vrai du tout . »
Platon
(428-348 av,. J.-C.),
Apologie de Socrate. | La philosophie,qui fait vivre la vie parla pensée,
est une deuxième vie
dans la vie. |
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|  | La vie n'est pas l'ivresse de la vie En premier lieu, il n'y a plus beaucoup de vie, dès lors
qu'il n'y a pas de pensée en elle. Ainsi que le souligne Socrate (470-399 av. J.-C.), la pensée qui permet de
savoir ce que l'on fait ouvre la vie sur une vie consciente,
responsable et donc libre, par opposition à une vie inconsciente et irresponsable, toujours prisonnière de tout du fait de ne rien pouvoir maîtriser. De plus, comme le montre Pascal (1623-1662),
si vivre pour vivre est l'expression d'une vie généreuse vivant gratuitement par amour de la vie, il y a une vie pour la vie qui n'est qu'une expression de détresse. Dans ce cas, on cherche à se divertir en s'enivrant de vie, afin d'échapper à une angoisse intérieure ou à la pression d'un monde extérieur où l'on se sent en situation d'échec. Enfin, comme le fait apparaître Theodor W. Adorno
(1903-1969), le culte de la vie a souvent été le masque
de la violence dans l'histoire : qu'il s'agisse de l'individualisme des économistes du XVIlle siècle (qui ont justi fié l'égoïsme au nom de la conservation de soit ou du nazisme (qui s'est retranché derrière le culte de la vie et l' égoïmes vital, afin d'établir son culte de la race).
|  | La pensée n'est pas sans vie
A l'opposé de tout cela, il y a plus de vie qu'on ne le pense dans la pensée?
parce que pensant sa vie, on devient à même de la diriger en sachant ce que l'on fait.
Mais surtout parce que la vie pensée est une deuxième vie dans la vie qui ouvre des perspectives inédites. Socrate n'a pas eu peur de mourir dans sa cellule.
Car, ayant découvert qu'il pouvait doubler la vie par cette vie de la pensée, il a pris conscience que tout ne passait pas par le corps.
À sa suite, tous ceux qui ont fait l'expérience de la pensée ont éprouvé une semblable liberté, au point d'avoir l'impression de naître. Et naissant de la sorte à une vie étonnante, ils n'ont cessé d'explorer celle-ci par la réflexion ainsi que par l'art. Si bien qu'ils en ont tiré tout ce qui fait la richesse de la culture, grâce à quoi nous prenons connaissance des possibilités de vie ouvertes par la pensée.
Ce n'est pas comprendre l'art que de l'opposer à la pensée. Ainsi que l'a montré Hegel (1770-1831), s'il n'y avait pas de pensée, il n'y aurait pas d'art, car celui ci n'est jamais qu'une pensée devenue sensible, nous rendant devenue sensible à la pensée et, à travers elle, à une vie éveillée et non endormie.
C'est la raison pour laquelle Vladimir Jankélévitch (1903- 1985) a écrit :
« On peut vivre sans philosophie, mais on vit moins bien .» |  |
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