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Philosophie, Socrate et la Question, la maïeutique Descartes face à la scolastique et l'évidence de l'entendement Nietzsche et le soupçon Karl Marx Kant Schopenhauer Galilee Socrate Nietzsche Kant Descartes Freud Marx Jaspers. Philosophie

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Socrate et la question
Socrate montre combien
il est nécessaire de se poser des questions.
La question est à la base de l'éveil de l'esprit.
Socrate et la maïeutique

Parce qu'elle est vivante, la philosophie se caractérise par
un certain nombre de gestes, d'attitudes et de pratiques qui n'appartiennent qu'à elle.
La principale démarche, souvent mal comprise, consiste à poser et à se poser des questions. On assimile parfois celui qui se pose des questions à quelqu'un qui doute parce qu'il est mal dans sa peau, quand on ne le confond pas avec quelqu'un de violent pratiquant une forme d'inquisition.

En fait, la question est bien plus positive que cela comme le montrent les trois formes qu'elle revêt :
la première vient de Socrate (470-399 av. J.-C.).
C'est lui qui a inventé le fait de se poser des questions en demandant systématiquement « qu est-ce que ? ».
Car en cherchant la sagesse, celui-ci s'est aperçu au cours de son enquête que tout le monde croyait savoir ce qu'elle est, sans plus se questionner à son sujet. D'où un sommeil généralisé de la Cité, bercée par l'illusion de croire savoir, et la nécessité pour Socrate de réagir en réveillant la Cité endormie par des questions.
depuis, cet art du questionnement est demeuré sous le nom de maïeutique: l'art d'accoucher les esprits.





La première règle
de la méthode
de Descartes
est de
"ne recevoir jamais
aucune chose pour vraie,
que je ne
la connusse évidemment
être telle :
c'est-à-dire d'éviter
la précipitation
et la prévention,
et de ne comprendre
rien de plus en
mes pensées,
que ce qui se
présenterait si clairement
et si distinctement
à mon esprit
que je n'eusse
aucune occasion
de le mettre en doute."

Descartes,
discours de la méthode.













La question,
le doute et le soupçon
sont les trois
procédés
que la philosophie
utilise pour conduire
les hommes à s'étonner
et à vouloir connaître.

Descartes et le doute

Le second sens du questionnement vient de Descartes (1596-1650). Celui-ci renvoie au doute et possède deux origines. La première est liée à une réaction face à la scolastique*. Constatant que les théologiens ne font que se disputer sur des questions obscures, Descartes décide de ne se fonder que sur lui, en ne se basant que sur l'évidence de l'entendement*.
Aussi rejette-t-il tout ce qui n'est pas « clair et distinct » en pratiquant un enquête systématique.
La seconde origine cartésienne du doute est liée au progrès de la science. Les premiers microscopes faisant apparaître l'infiniment petit et la lunette astronomique mise au point par Galilée (1564-1642) ouvrant sur l'infiniment grand, le savant du XVIle siècle se rend compte qu'il y a des mondes cachés derrière ce que nous voyons. Aussi se met-il à douter, afin de conserver le sens de l'infini et de s'obliger à toujours chercher.

 

Nietzsche et le soupçon

Enfin, il existe un troisième doute qui vient de Nietzsche (1844-1900) et qui est de l'ordre du soupçon.
Il fait une distinction entre une personne qui a une pensée calculatrice, avec une idée derrière la tête, et une personne insouciante qui a un rapport jubilatoire au savoir, sans arrière-pensée, sans désir de pouvoir.
Nietzsche constate que la première façon de penser est un calcul né de la méfiance et poursuivant l'acquisition d'un pouvoir, afin de régler des comptes, au lieu d'être un « gai savoir », libre et heureux, pensant sur la joie de découvrir l'existence.
Il pratique alors le soupçon dans deux buts : d'abord, celui de démasquer les stratégies calculatrices du pouvoir; ensuite, celui de deviner les richesses enfouies dans la réalité.
On le voit donc, le fait de se poser des questions n'est en rien une volonté de compliquer les choses à l'envi.
C'est au contraire l'attitude normale de l'homme éveillé, conscient de vivre dans un monde infiniment riche, et désireux de connaître plutôt que de calculer.
quand quelque chose nous passionne, une question en amène une autre.
C'est la raison pour laquelle la philosophie pose des questions.
Pour réveiller l'homme ouvert qui sommeille en nous.