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La question de l'existence | |
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La philosophie aujourd'hui | |
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 | De l'utilité de la philosophie |  | A ceux qui soutiennent
que la pensée ne sert à rien,
la philosophie oppose que vivre
consiste à vivre avec la pensée.
|  | L'utilité de la philosophie : une question violente
Il importe de revenir sur la question de l'utilité de la philosophie.
À cette question, il faut répondre en montrant combien il est nécessaire de faire de la philosophie, d'avoir une philosophie et de vivre avec philosophie. Car il apparaît que l'homme est lui-même quand il s'éveille à la conscience, quand il peut agir dans le monde, quand il a une philosophie de son action lui permettant de fonder celle-ci, et enfin, quand il vit pleinement en vivant avec autrui, avec art, vertu et foi.
Reste néanmoins que tout n'a pas été dit sur l'utilité de la philosophie. Demander à quoi sert la philosophie n' est pas toujours le fait de l'interrogation sincère.
C'est aussi celui de la bêtise, de la méchanceté et de la violence.
D ans le mythe de la caverne,Platon (428-348 av. J.-C.)
en donne les raisons (voirAristote et l'universel).
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« L'homme n'est
qu'un roseau,
le plus faible de la nature,
mais c'est un roseau pensant.
Il nefaut pas que l'univers
s'arme pour l'écraser ;
une vapeur une goutte
d'eau suffi pour le tuer.
Mais quand l'univers
l'écraserait,
l'homme serait encore
plus noble que ce
qui le tue,
puisqu'il sait qu'il meurt
et noyautage que l'univers a sur lui,
l'univers n'en sait rien.
Toute notre dignité
consiste donc
en la pensée.
C'est de là qu'il
nous faut relever
et non de l'espace
et de la durée
que nous
ne saurions remplir.
Travaillons donc à bien penser:
voilà le principe de la morale.»
Pascal,
(1623-1662), Pensées. | Le sage est cet
homme adulte qui
vit en disant « j'ai
tout à apprendre »
et non « je sais ». |
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|  | De l'homme primaire à l'homme adulte On peut, dit Platon en substance, vivre de deux façons de façon adulte et de façon primaire. L'adulte est celui qui, par définition, cherche à voir large, plus loin que le bout de son nez. De ce fait, il ne tente pas de tout ramener à lui, de tout réduire à ce qu'il peut manipuler et il dit plus volontiers « j'ai tout à apprendre » que « je sais ».
Conscient que la vie est riche, belle, étonnante, angoissante parfois aussi, il a conscience qu'il y a quelque chose à trouver donnant à la vie une raison d'être.
C'est ce que Platon désigne sous le nom d'âme, ce dialogue infini de soi avec la vie donnant vie et sens à tout. Quand on a compris que cette âme c'est la vie, on peut mourir serein comme Socrate (470-399 av. J.-C.), ayant éprouvé en soi qu'il y a quelque chose qui échappe à la disparition du corps. Et dès lors, délivré de l'angoisse de la mort, on peut vivre joyeux.
Par opposition à cela, l'homme primaire est celui qui ne dépasse pas le bout de son nez. Désirant tout ramener à lui, tout manipuler au gré de ses fantasmes en disant « je sais », la pensée lui semble inutile, la sagesse vaine et la profondeur des choses une pure illusion.
Pour lui,, seul compte le triomphe de son ego à travers la manipulation et le profit qu'il peut tirer des choses.
Aussi sème-t-il le malheur autour de lui.
|  | Le monde doit servir la philosophie
L' unde ces malheurs est que l'on puisse sans rougir de honte poser la question :« A quoi sert la philosophie ? » Face à ce malheur, la philosophie est notre seul moyen de lutter contre la barbarie a visage technique.
Elle nous enseigne que ce n'est pas à la philosophie de servir le monde, mais au monde de servir la philosophie, tant il est vrai que l'homme se grandit dans le dialogue infini qu'il a avec la vie et non en devenant un prédateur pillant l'existence, parce que, dit-on, « il n'y a que cela de vrai ! ». Regardant la nature, Hobbes (1588-1679) constatait que l'homme y est un loup pour l'homme. Regardant la sagesse, Spinoza (1632-1677) a observé que l'homme y devient un dieu pour l'homme. C'est pourquoi Aristote (384-322 av. J.-C.) et Hegel (1770-1831) ont oppose l'idée que la vie est pensée à celle établissant qu'elle n'est qu'un délire. Cela afin de rappeler que la vie commence vraiment avec la pensée qui la fait vivre, si l'on veut « bien faire l'homme » et lui donner la dignité qu'il recherche.
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