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Philosophie,Vivre avec Art, fait partie de l'expérience de la vie, Nietzsche Par delà le bien et le mal les symboles Dionysos Apollon Platon et Le Banquet Kant dans la Critique de la faculté de juger Karl Marx Kant Schopenhauer Galilee Socrate Nietzsche Kant Descartes Freud Marx Jaspers. Philosophie

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Vivre avec art
il faut avoir le fond,
mais aussi la forme.
Vivre avec art fait partie
de l'expérience de la vie.

Le philosophe artiste

Nietzsche (1844-1900) a voulu faire du philosophe un artiste. Il a jugé que des philosophies comme celle de Platon (428-348 av. J.-C.) conduisaient à la haine de soi et au nihilisme, parce qu'elles invitent à se détacher du sensible et à maîtriser les passions dans le but de donner un fond à la forme de la vie.

C'est pourquoi il s'est proposé de « renverser » le platonisme, en réhabilitant la forme contre le fond et, d'une manière générale, la passion dans le sensible.
d'où l'importance chez lui de l'art, symbolisé par Dionysos, le dieu du vin et des poètes, par opposition à la vérité et à la science, symbolisées par Apollon. Cet éloge de l'art ne va pas cependant sans soulever nombre d'interrogations.
Car peut-on faire de la pensée une pure affaire de forme sans la tuer ?
Comment peut-on dire qu'il lui suffit d'être bien structurée pour être ?
N'est-ce pas l'intention de faire valoir un sens qui donne du prix aux mots et non simplement l'arrangement de ceux-ci, comme l'a dit Socrate (470-399 av. J.-C.) ?
de même, si la mortification ascétique qui est une forme d'autodestruction est effectivement nihiliste, que dire de la conduite des esthètes, des séducteurs et des joueurs en général ?
N'est-elle pas le fruit d'un désespoir et ne conduit-elle pas à se moquer de tout en rejetant tout à sa façon ?





« Le philosophe doit
avoir été critique,
sceptique,
dogmatique,
historien,
et par surcroît poète,
collectionneur,
voyageur,
déchiffreur
d'énigmes,
moraliste,
voyant,
" esprit libre " ...
afin de
parcourir le cercle
des valeurs et des
sentiments humains. »

Nietzsche,
Par-delà le bien et le mal



L'art a besoin
d'une philosophie
afin de ne pas
devenir un objet
d'esthètes.

Être et manière d'être

Sans nier l'existence de ces dérives, les excès de l'art ne doivent pas pour autant gommer ce dernier. Car, ainsi que le montre Vladimir Jankélévitch (1903-1985), l'art est lié à la vie.
Le fait d'être passe par une manière d'être.
Sans forme, son fond n'est plus que brutalité et violence. Aussi la forme n'est-elle pas superficielle. Redoublant la vie, elle est ce qui donne de l'être à l'être en mettant en évidence l'effort de celui-ci pour être.

En effet, n'est-ce pas cet effort témoignant d'un désir d'être et d'un amour qui fait sa profondeur ?
quand on aime, on « met la forme », comme on dit, pour témoigner de son amour avec délicatesse.
N'est-ce pas le sens qu'il convient de donner à l'art ?
À l'évidence, vivre avec amour et vivre avec art forment un tout. C'est donner du soin à ce que l'on fait et donc aimer. Aussi Platon rappelle-t-il que le beau est la forme du vrai, afin de souligner que penser le vrai, c'est aimer le vrai et aimer le vrai, c'est en avoir soin en y mettant les formes.

Un universel sans concept

D'une façon générale, tous les philosophes qui ont critiqué l'esthétisme n'en ont pas moins réhabilité l'art et le beau. Ainsi, Platon, dans Le Banquet, fait de la contemplation des beaux corps le marchepied pour s'élever vers l'harmonie et, par là-même, vers l'unité caractéristique de la raison. De son côté Kant (1724-1804), qui distingue la science de l'art et l'art de la science, n'en a pas moins montré deux choses dans Critique de la faculté de juger (1790) : premièrement, que l'esthétique est le domaine d'un rapport inédit à l'universalité sous la forme du jugement de goût, qui parvient à créer une entente entre les hommes devant une oeuvre d'art, sans pour autant passer par la raison.
deuxièmement, que la nature, dans le déchaînement sublime de ses éléments, est l'inspiratrice des plus hautes vertus morales, comme s'il y avait en elle de l'esprit à l'oeuvre sous forme sensible.
d'où l'importance de la philosophie.
Pour sauver l'esthétique des esthètes !