Philosophie, Vivre avec foi, Révolte de Kierkegaard Henri Bergson homme ne peut pas vivre relié à rien Thomas d 'Aquin et condition humaine Nietzsche la mort de Dieu Karl Jaspers Introduction à la philosophie Hegel et la religion Marx Kant Schopenhauer Galilee Socrate Nietzsche Kant Descartes Freud Marx Jaspers. Philosophie
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Vivre avec foi
Contrairement à ce que l'on pense,
la foi concerne la philosophie.
Car la question de la foi pose le problème
de la quête de l'existence authentique.
La révolte de Kierkegaard

Kierkegaard (1813-1855) fait scandale dans les journaux de son époque à l'occasion de la mort d'un évêque connu. Alors que ces journaux font l'éloge du disparu, Kierkegaard clame haut et fort que pour avoir été un bon théologien et un bon évêque, celui-ci n'a jamais été pour autant un authentique chrétien.
Pourquoi ?
Parce que, souligne Kierkegaard, être chrétien, c'est être un homme existentiel ayant fait un saut dans la foi, laquelle consiste à s'abandonner en Dieu, et non un homme de système maîtrisant tous les rouages de la théologie comme de l'administration. Ce coup d'éclat est intéressant, tant par la critique qu'il déploie que par les questions qu'il soulève.


La foi n'est pas l'ivresse

S'il est vrai,
ainsi que le souligne
Henri Bergson (1859-1941),
que l'homme ne peut
pas vivre « relié » à rien,
de façon nihiliste et égoïste,
Il n'en demeure pas moins
que la foi qui le fait
croire en l'autre
et en la vie n'est
pas l'ivresse !

 

 


"La science se perd-elle, aussitôt c'est l'envahissement des crépuscules, du clair-obscur, des sentiments
confusément édifiants,
des décisions
fanatiques prises
et maintenues dans
un constant aveuglement.
On dresse des barrières
et l'homme est conduit
dans de nouvelles
prisons. "

Karl Jaspers (1883-1969),
Introduction à la philosophie.

La foi a besoin
d'une sagesse
afin de ne pas
se confondre
avec l'ivresse.

Une critique originale

Le débat philosophie/religion et donc raison/foi n'a cessé, de tout temps, d'alimenter des polémiques. Pour le rationalisme athée, Dieu n'est qu'une invention de l'homme destinée à combler un besoin de sécurité. C'est aussi un symptôme social. Religion et superstition ont toujours tendance à fleurir quand règnent archaïsmes ou crises politiques. Aussi n'y a-t-il de réalité que dans un homme vivant sans Dieu par sa raison. Pour le croyant au contraire, Dieu est le créateur de l'univers et on peut le prouver, comme saint Thomas d'Aquin (1228-1274), en montrant qu'il n'y a pas de réalité sans cause ni de valeurs sans fondements. De ce fait, toute la réalité se trouve dans un Dieu, qui dépasse la condition humaine, et à qui il faut se soumettre. Face à cette opposition, l'originalité de Kierkegaard réside dans le fait de contourner le débat en soulignant deux choses :

- le croyant n'a pas autant raison qu'il le pense. S'il est vrai que Dieu est au fondement de tout, celui-ci n'a pas un système mais une existence. Il s'éprouve plus qu'il ne se prouve. Aussi est-ce une erreur de vouloir le rationaliser. Quand on le fait, on aboutit à ce que Nietzsche (1844-1900) appellera « la mort de Dieu ». Dieu cesse d'être divin pour devenir la pièce d'une morale et d'un système ;

- l'athée, à l'inverse, n'a pas aussi tort qu'on le croit. Si Dieu ne peut pas être une invention de l'homme, il est juste de constater que ce dernier est un animal angoissé : il attend une réponse a sa vie face aux questions que soulèvent le mai et la mort, du fait qu'il a l'intuition d'une autre condition de vie possible, une sorte d'éternité, qui n 1 est ni le mal ni la mort.

Religion et philosophie

Opposer l'existence à l'esprit de système et donc la religion vécue à la théologie, c'est risquer, comme chez Nietzsche qui voulait un Dieu d'exaltation, de passer du Dieu figé de la raison au Dieu dionysiaque de l'ivresse avec, pour conséquence, de réduire Dieu à un pur vécu individuel.

Face à cela, Hegel (1770-1831) rappelle deux
choses : d'abord, que la religion est au fondement de la philosophie, dans la mesure où penser, c'est penser ce que contient le religieux, à savoir le fait de pouvoir vivre d'une réalité purement spirituelle et de créé un lien humain grâce a cela ; ensuite, que si la religion est au fondement de la philosophie, la philosophie est le devenir de la religion, puisque la vraie religion rend sage et non ivre.